Au Circuit de Barcelona-Catalunya, la règle non écrite veut que la pole position mène à la victoire. Cette fois-ci, le script a été mis à la poubelle. Lewis Hamilton s'est élancé depuis la deuxième place sur la grille et a franchi la ligne d'arrivée en tête pour décrocher ce qu'il attendait depuis son arrivée chez Ferrari : sa première victoire en rouge. Pendant ce temps, le leader du championnat Kimi Antonelli regardait passer les voitures depuis le bord de piste, aileron arrière brisé et course terminée. Le septième acte de la saison vient de rebattre les cartes d'une façon que personne n'avait vraiment anticipée.
Hamilton remporte sa première victoire avec Ferrari
Le Britannique a coupé le drapeau à damier en 1 h 32 min 28 s 105, avec plus de 19 secondes d'avance sur George Russell. C'est la 106e victoire de Hamilton en championnat du monde - un record que personne dans l'histoire de la Formule 1 n'a égalé. Surtout, c'est sa première depuis qu'il a quitté Mercedes pour rejoindre la Scuderia en 2025.
À l'arrivée, le septième Champion du monde ne cachait pas son émotion. Il a remercié l'équipe par radio et reconnu que gagner pour Ferrari représentait son objectif premier depuis le jour de sa signature. Pour la Scuderia, c'est la preuve que ce transfert produit des résultats sur la piste, et pas seulement dans les brochures marketing.
La course : de la stratégie au drame en fin d'épreuve
Le début de course ne laissait pas présager tant de rebondissements. Russell menait, Hamilton tenait la deuxième position, Antonelli collait dans ses roues. Le premier cycle d'arrêts, aux alentours des 18e et 19e tours, n'a rien changé à l'ordre établi - les mêmes pilotes, dans le même ordre.
C'est la deuxième fenêtre de pit stops qui a tout chamboulé. Hamilton rentre tôt et ressort en septième position, loin des leaders. Un pari risqué - mais le message de son ingénieur était simple : pousse, pousse. Hamilton a obtempéré à la lettre. Il a rapidement doublé trois adversaires, et lorsque les deux Mercedes sont finalement allées aux stands, il s'est retrouvé en tête.
Derrière lui, Russell et Antonelli se livraient un duel serré pour la deuxième place, frôlant la collision à plusieurs reprises. Cette guerre interne chez Mercedes a coûté du temps aux deux hommes - Hamilton en a profité pour prendre le large. Après son dernier arrêt, il est revenu en piste avec près de trois secondes d'avance sur Russell.
Le coup dur pour Antonelli - le leader abandonne au 61e tour
Au 61e tour, le jeune Italien a tenté une manœuvre audacieuse pour dépasser Russell et se placer en deuxième position. Tout semblait en ordre pour ramener un gros paquet de points à la maison. C'est alors que sa Ferrari s'est brutalement ralentie : Antonelli s'est garé sur le bas-côté, contraint à l'abandon sur casse d'aileron arrière.
Une fin de week-end cruelle pour un pilote qui débarquait à Barcelone sur une série de cinq victoires consécutives. Le classement général lui a tout de même été clément : Antonelli conserve la tête du championnat avec 156 points après sept manches. Son avance sur le reste du peloton était suffisamment confortable pour qu'un seul abandon ne lui coûte pas son fauteuil de leader.
Un podium 100 % britannique
Les deuxième et troisième places sont revenues aux compatriotes du vainqueur. George Russell termine second avec Mercedes, à 19 s 561 du vainqueur. Lando Norris, le tenant du titre, monte sur la troisième marche du podium avec McLaren, à 23 s 719 de Hamilton.
Max Verstappen prend la quatrième place sur Red Bull, Oscar Piastri la cinquième avec McLaren. Les points se répartissent ensuite entre Isack Hadjar, Pierre Gasly, Franco Colapinto, Liam Lawson et Arvid Lindblad, qui complète le top 10. L'intégralité des dix premiers finisseurs s'est classée dans le même tour que le leader.
Ce que cela change au championnat
Antonelli reste en tête avec 156 points, mais son avance n'a plus rien d'intouchable. Hamilton pointe désormais en deuxième position avec 115 points - la victoire de Barcelone lui permet de s'installer comme le rival numéro un du leader. Russell, troisième avec 106 points, boucle un trio qui reproduit exactement l'ordre du podium espagnol.
Plus loin, Charles Leclerc pointe à 75 points, Norris à 73, Piastri à 68. Verstappen, avec seulement 55 points, accuse un retard inhabituel pour lui après sept manches.
Chez les constructeurs, Mercedes domine avec 262 points malgré le zéro pointé d'Antonelli à Barcelone. Ferrari s'installe au deuxième rang avec 190 points et peut désormais revendiquer que la lutte pour le titre constructeurs reste pleinement ouverte. McLaren occupe la troisième place avec 141 points, devant Red Bull, Alpine et Racing Bulls.
Prochain rendez-vous
La huitième manche de la saison se disputera en Autriche le 28 juin. Le Red Bull Ring, avec ses lignes droites courtes et ses zones de freinage tardives, est taillé pour les dépassements et les stratégies offensives. Antonelli comme Hamilton auront là une nouvelle occasion de s'expliquer. Après Barcelone, le constat s'impose : le championnat du monde est nettement plus ouvert qu'il ne le semblait à l'issue du week-end espagnol.
Le GP d'Autriche sera à suivre en direct sur Canal+, comme l'ensemble des courses de la saison de Formule 1.

