Trois départs. Trois victoires. Aucun pilote dans l'histoire du Championnat du monde des rallyes n'avait jamais ouvert son palmarès de cette façon. Sami Pajari vient de le faire - le Finlandais de 24 ans, sous les couleurs de Toyota Gazoo Racing WRT, a bouclé au Paraguay une série qui a fait trembler toute la hiérarchie du WRC. Elfyn Evans, leader du championnat, respire de plus en plus court. Il reste encore plusieurs manches à disputer, et la bataille ne fait que commencer.
Rallye du Paraguay 2026 - le hat-trick historique de Pajari et ce qu'il change pour le championnat
Estonie, Finlande, Paraguay. Trois manches, trois victoires - sans le moindre succès au compteur avant cette saison. Pajari inscrit son nom dans les annales du WRC comme le seul pilote dont les trois premières victoires en carrière sont tombées les unes après les autres. Ce n'est pas qu'une belle statistique : c'est le signal que la Toyota GR Yaris Rally1 est, en 2026, une voiture capable de battre n'importe qui sur n'importe quelle surface - des forêts baltes aux graviers finlandais, jusqu'aux spéciales inédites d'Amérique du Sud.
Le Rallye du Paraguay faisait ses débuts au calendrier WRC, et il a montré les dents d'entrée de jeu. Les pistes ont eu raison de plus d'un pneu, et la liste des victimes s'est allongée rapidement. Sébastien Ogier et Thierry Neuville ont tous deux crevé à des moments décisifs, ce qui a ruiné leurs espoirs de se battre pour la tête. Mais c'est vendredi que l'électrochoc s'est produit : Elfyn Evans, leader du championnat et principal rival de Pajari, a endommagé son pneumatique et perdu la tête de course. À partir de là, le Finlandais a pris les commandes et ne les a plus lâchées.
Le drame du samedi - choc contre un talus et aileron arrière perdu
Les rallyes ne rendent jamais la victoire sans se battre. Le samedi a livré un moment qui aurait pu tout remettre en question. Pajari a heurté un talus avec sa GR Yaris Rally1 et perdu son aileron arrière. Sur les graviers, on ne plaisante pas avec l'appui aérodynamique - chaque virage avec un train arrière sous-chargé devient un pari. Mais le Finlandais et Salminen, carnet en main, ont choisi l'attaque plutôt que la gestion. Le rythme est resté élevé, les pertes de temps minimes.
C'est précisément ce trait de caractère qui sépare les champions de ceux qui ont « fait une bonne saison ». Quand la voiture est abîmée, la plupart des pilotes basculent immédiatement en mode survie. Pajari, lui, a retrouvé son tempo si vite que ses rivaux n'ont pas eu le temps de répondre avant le finish du dimanche.
Résultats finaux du Rallye du Paraguay 2026
Le dimanche s'est résumé à un galop contrôlé. Pajari gérait son avance, Marko Salminen tenait le livre de bord avec calme, et le podium s'est cristallisé sans surprise. Hayden Paddon et John Kennard sur Hyundai ont signé la deuxième place à 25,8 secondes - un résultat honorable pour l'équipage néo-zélandais, mais tous les regards ne quittaient pas le Finlandais. Adrien Fourmaux et Alexandre Coria (Ford M-Sport) ont complété le podium à 40,0 secondes du vainqueur.
Ce trio sur le podium illustre l'étendue de la concurrence actuelle en WRC : Toyota, Hyundai et Ford M-Sport, chaque marque représentée, mais l'or réservé à Pajari seul. Pour les leaders du championnat, un tel résultat fait doublement mal - ils perdent des points directement au profit du Finlandais et constatent que leurs propres erreurs sont sanctionnées sans pitié.
Classement général du WRC après le Rallye du Paraguay
Trois succès d'affilée ont fait leur effet. Pajari grimpe à la deuxième place du classement général avec 196 points. Evans conserve le fauteuil de leader avec 216 points, mais son avance a fondu à seulement 20 unités. Oliver Solberg ferme le top 3 avec 175 points et garde théoriquement ses chances au titre, même si l'écart avec la tête est déjà conséquent.
Vingt points en WRC, c'est à peine la différence entre une victoire et une troisième place. Compte tenu de la forme affichée par Pajari et des ennuis mécaniques qui frappent régulièrement Evans, le classement peut se retourner en une seule manche. Le Rallye du Chili devient une épreuve charnière - et les deux camps le savent parfaitement.
Pajari - qui est ce Finlandais et pourquoi maintenant
Sami Pajari a 24 ans. Son copilote, Marko Salminen, est un navigateur expérimenté qui a vu défiler bien des arènes graveleuses. Ensemble, ils forment un équipage qui marie l'agressivité au volant de la jeunesse à la tête froide de la navigation. Toyota a misé sur Pajari comme l'un de ses leaders après qu'Ogier a progressivement réduit sa présence au calendrier - et jusqu'ici, ce choix ressemble à un dix sur dix.
Trois victoires consécutives, ce n'est ni un hasard ni le seul mérite de la voiture. La GR Yaris Rally1 est rapide, certes, mais d'autres pilotes l'utilisent aussi. Ce qui distingue Pajari, c'est sa capacité à maintenir une concentration absolue sur l'ensemble d'un week-end, sans commettre d'erreur rédhibitoire. L'aventure du samedi au Paraguay - aileron arrière arraché, mais deuxième position jamais concédée - ne fait que le confirmer.
Ce que cela signifie pour la suite de la saison WRC 2026
Le Rallye du Chili est prévu du 10 au 13 septembre. Nouvelle spéciale graveleuse en Amérique du Sud, où Pajari vient de prouver qu'il se sent chez lui quelle que soit la latitude. Evans arrive au Chili sous pression - 20 points d'avance, c'est un matelas qui peut s'envoler sur une crevaison ou une fraction de seconde d'inattention.
Pour tout le reste de la grille, le message est limpide : Pajari n'a pas l'intention d'attendre sagement son heure. Il l'a déjà prise - trois fois de suite. Neuville, Ogier et Evans vont devoir remettre leurs voitures d'aplomb et répondre sur des routes que le Finlandais connaît aussi bien qu'eux. C'est exactement pour ça qu'on aime le WRC : une saison qui semblait pliée vient de se rouvrir complètement.

