Sept spéciales, sept meilleurs temps. Sami Pajari a frappé un grand coup dans la course à sa première victoire en WRC ce vendredi. Le Finlandais de Toyota Gazoo Racing termine la journée avec 14,7 secondes d'avance sur Oliver Solberg. Pour certains concurrents, la journée a été bien moins souriante : les déboires de Katsuta et d'Armstrong ont rebattu les cartes dans le classement. Que nous réserve le samedi ?
Pajari en tête du Rally Estonia 2026 après le vendredi - 14,7 s d'avance
Cinq podiums en huit départs dans la saison WRC 2026 - et pourtant, jusqu'ici, Pajari n'avait jamais connu la saveur d'une victoire en rallye. Ce vendredi en Estonie avait tout d'une répétition générale avant ce moment historique. Le Finlandais avait déjà signé le meilleur temps au shakedown - à égalité avec Elfyn Evans - et il a immédiatement transposé cette forme dans la compétition officielle.
Six spéciales forestières sur terre enchaînées sans la moindre faiblesse, puis le superspecial asphalté d'Elva linn pour clore la journée - remporté lui aussi. Carton plein. « On a vraiment aimé ça », a reconnu Pajari, avant de calmer aussitôt les ardeurs. « C'est seulement le premier jour, il est trop tôt pour dire quoi que ce soit. J'espère qu'on gardera le même rythme pendant les deux prochains jours. »
Quatorze secondes et sept dixièmes d'avance après sept spéciales sur une Toyota GR Yaris Rally1 - un bilan qui ressemble davantage à la fin d'une étape de travail qu'à un motif de panique. Le samedi apportera neuf spéciales et, pour ceux qui partent en tête, beaucoup de route à balayer.
Solberg deuxième, Fourmaux lui colle aux basques
Oliver Solberg, vainqueur sortant du Rally Estonia, a terminé le vendredi en deuxième position - sans véritable sujet de satisfaction pour autant. Le plus proche rival de Pajari a passé sa journée à tenter de suivre le rythme de son coéquipier, plutôt que de gérer sereinement la situation dans son dos.
Adrien Fourmaux, chez Hyundai, a poussé suffisamment fort pour contraindre Solberg à défendre sa place au lieu d'attaquer le leader. Le Français ne pointe qu'à 1,8 seconde du Norvégien - un écart que la première spéciale du samedi matin pourrait facilement inverser. « C'est une belle bagarre, on verra demain. Troisième ce soir, c'est positif », a commenté Fourmaux avec calme. Solberg, lui, n'a pas caché sa déception : « Journée difficile, décevante. Il faut qu'on retrouve de meilleures sensations demain et qu'on améliore le rythme. »
Neuville quatrième, Ogier cinquième - sans drame mais sans éclat
Thierry Neuville et Sébastien Ogier ont traversé le vendredi sans encombre - pas de problème mécanique, pas de sortie de route, pas de temps perdu en piste. Quatrième et cinquième après sept spéciales, avec des retards respectifs de 7,5 s et 16,8 s sur le leader. Sur le papier, une situation solide. Le problème, c'est que Neuville juge sa propre performance bien plus sévèrement que son classement ne le laisse entendre.
Le Belge s'est plaint toute la journée d'un fort sous-virage sur sa Hyundai - ce n'était pas la voiture qu'il avait ressentie aux tests. « Je m'attendais à mieux », a-t-il dit franchement. « Aux essais, la voiture tournait très bien ; aujourd'hui, je n'arrivais pas à retrouver cette sensation. Sous-virage massif. On va changer quelques réglages pour demain et on verra. » Ogier a roulé de manière plus posée, sans nervosité - il engrangera des points grâce à un rythme régulier, même s'il n'est plus en mesure de viser le podium avec un tel écart.
Katsuta et Armstrong - deux coups durs qui ont redistribué les cartes
Sans ces deux incidents, le tableau du vendredi aurait eu un tout autre visage. Takamoto Katsuta roulait en sixième position, juste derrière Ogier, lorsqu'il a crevé son pneu avant gauche dans la sixième spéciale. Perte de plus d'une minute. Avant même de rejoindre l'assistance, il s'est retiré avant la septième spéciale - pénalité de 10 minutes, obligation d'ouvrir la route tout le samedi, et onzième place au classement. Ogier a réagi sobrement : « Je suis désolé pour lui, il méritait mieux. »
Jon Armstrong, lui, n'a pas eu de chance dès la première spéciale. Une réception de saut mal négociée - pneu avant gauche crevé et pare-chocs endommagé sur sa Ford Puma M-Sport. Il a perdu suffisamment de temps pour terminer le vendredi à 14,5 secondes d'Evans, malgré un rythme correct tout le reste de la journée. « Le rythme a été vraiment bon tout au long de la journée, on peut être satisfaits de ce côté-là. Dommage pour ce qui s'est passé dans la première spéciale », a analysé Armstrong.
Le principal bénéficiaire des malheurs de Katsuta a été Martins Sesks chez M-Sport, qui a grimpé dans le classement pour terminer sixième - après avoir signé le troisième temps dans l'avant-dernière spéciale. Il partait pourtant avec une pénalité de 20 secondes pour départ tardif de l'assistance, à la suite d'une collision avec un dispositif anti-cut au shakedown. Sans cette sanction, il se retrouverait devant Ogier.
Evans - leader du championnat - perd du temps en tant que road opener
Elfyn Evans a conclu le vendredi en neuvième position, à 49,8 secondes de son coéquipier Pajari. Un chiffre qui sonne mal - et qui l'est effectivement. Le pilote gallois a ouvert la route tout l'après-midi, ce qui dans les forêts estoniennes signifie une seule chose : balayer pour les autres plutôt que de les attaquer.
Evans reste leader du championnat WRC 2026 et cette position ne change pas après le vendredi. Mais quand Pajari court après sa première victoire en carrière et que son rival au titre accuse plus de 49 secondes de retard au terme d'une seule journée, les mathématiques du samedi et du dimanche deviennent intéressantes. Evans a besoin que Pajari finisse par commettre une erreur.
WRC2 - Virves en tête sur son rallye à domicile
En WRC2, un duel à part entière se joue. Robert Virves - Estonien courant sur ses terres - mène après le vendredi avec seulement 2,5 secondes d'avance sur son rival au titre Teemu Suninen. Roope Korhonen pointe à 2,5 secondes supplémentaires. Le top 5 se complète avec le junior Toyota Jaspar Vaher et Emil Lindholm, qui accuse 7,8 secondes de retard sur le leader.
La dotation pour le vainqueur WRC2 ce week-end s'élève à 50 000 euros - une raison supplémentaire pour laquelle la bagarre dans cette catégorie est aussi serrée. Cinq voitures en 7,8 secondes après sept spéciales : chaque dixième sera précieux le samedi.
La suite - le samedi avec neuf spéciales au programme
Pajari dispose d'un matelas de 14,7 secondes et de la confiance d'un pilote qui a remporté chaque spéciale qu'il a disputée. Fourmaux n'est qu'à 1,8 seconde de Solberg et a faim de podium. Neuville cherchera les réglages qui lui rendront les appuis ressentis aux tests. Evans devra prendre des risques.
Katsuta passe son samedi à ouvrir la route - chaque kilomètre parcouru en tête sera un cadeau pour ceux qui suivent. Armstrong s'est ressaisi après la première spéciale et a prouvé qu'il roule vite ; il lui faut maintenant transformer ce rythme en positions. Sesks ne pointe qu'à 24,7 secondes du leader pénalité déduite, ce qui lui laisse un vrai rythme pour remonter si la chance lui sourit.
Le Rally Estonia 2026 ne fait que commencer. Après le vendredi parfait de Pajari, une seule question obsède les observateurs : quelqu'un est-il capable de briser cette domination ?

